La randonnée équestre : un outil pédagogique ?

Bien souvent sommes nous amenés en tant que professionnels du tourisme équestre à échanger avec des cavaliers débutants ou novices sur la faisabilité d’une randonnée équestre. Nombre d’idées erronées  sont alors échangées : « Vous avez des chevaux adaptés à l’extérieur, alors ils savent ce qu’ils doivent faire », « Vous empruntez souvent les mêmes chemins alors c’est facile », « C’est pas dur, c’est le cheval qui nous porte » … Oui, oui, oui, amis cavaliers : c’est facile, le cheval est un pro … Mais quand même.

Dans les Monts d'Arrée, un soir d'hiver

Quand nous parlons tourisme équestre, nous visons d’abord la randonnée équestre. Replongeons nous dans la définition de la randonnée et surtout de l’évolution de ce terme. Actuellement les différents dictionnaires de la langue française définissent la randonnée comme « une course, promenade longue et ininterrompue ».

Chaque terme a son importance : une course tout d’abord. Lapalisse aurait dit qu’il s’agit d’un déplacement d’un point vers un autre, et nous rajouterons, que ce déplacement ne se fait pas à allure constante. Si l’allure naturelle de la randonnée à cheval est le pas – qui au demeurant reste une allure propice aux frottements des fesses contre la selle occasionnant des blessures parfois sévères – l’esprit même de la randonnée équestre étant un esprit de liberté, en fonction des possibilités du terrain le cavalier sera amené à gérer son cheval à des allures diverses (trot et galop), sur des distances pouvant être assez longues. Et là, nouvelle difficulté … Mener un cheval sur des allures imposées par un maître de manège, dans un espace clos demande de la technique et s’acquiert progressivement. Mener un cheval, sur des allures en extérieur en partant du constat que le cheval est un animal qui peut se laisser facilement gouverner par la peur si il ne reconnaît pas le cavalier comme suffisamment sécurisant, là le danger se profile.

Longue, à présent. En fonction des centres de tourisme équestre, une étape de randonnée représente entre 30 et 45 km par jour, soit entre 6 et 8 heures à cheval.

Ininterrompue. La randonnée équestre s’entend comme un circuit de découverte d’un pays, d’une région, sur plusieurs jours. De 2 jours en moyenne à une semaine voir 15 jours pour les randonnées les plus longues.

Cette simple définition de la randonnée montre qu’il ne s’agit pas d’une activité annexe de l’équitation et surtout requiert des techniques spécifiques, précises permettant une pratique en toute sécurité et où l’imprévu n’entraîne pas de situations pénibles. En fouillant un peu l’histoire de ce mot, on en retrouve une première utilisation vers 1135 qui définissait la randonnée comme un « assaut, une course impétueuse ». L’esprit moderne de la randonnée s’y trouve déjà en totalité. L’impétueux n’est il pas celui qui a une ardeur naturelle, du tempérament, aux réactions vives et rapides ? Telles sont les qualités que doit cultiver le cavalier d’extérieur. Car si la randonnée équestre est une école de la liberté, celle-ci se mérite et nécessite une préparation minutieuse, une connaissance et un exercice patient de la relation homme cheval, et l’art de techniques apprises de nos pères comme l’orientation, le travail du fer ou du cuir ou bien encore les soins.

Alors la randonnée équestre est bien une discipline équestre et se veut une école d’apprentissage pour le cavalier et pour le cheval.

Commentaires (3)

Alex
  • 1. Alex | 29/03/2016
Je n'aurais pas trouvé mieux pour définir cette discipline à part entière de l'équitation. Je rajouterais que pour ma part, elle est une leçon de vie et révèle la manière dont on peut repousser ou trouver ses propres limites. La randonnée implique une certaine capacité à s'émerveiller naturellement du bonheur de parcourir les chemins où l'on ne croise que de rares promeneurs, peu nombreux certes mais heureux. On gagne avec la présence du cheval, la sympathie, la politesse oubliée, le sourire. C'est une remise à zéro sur les choses essentielles, c'est mon échappatoire à la vie citadine que je fuis mentalement en continuant de monter à cheval malgré la course au temps qu'implique la ville.
pariscoat
  • 2. pariscoat | 29/03/2016
très bien dit
karnath
Bof, bof...
on doit pas avoir la même définition...
une "course" ?? certainement pas
et si vos fesses s'échauffent au pas, changez de selle !
"15 jours pour la randonnée la plus longue " : peut-être que là tout s'explique...
A mon avis, vous ne randonnez pas beaucoup avec des sacoches. Galoper avec tout le matos ou même trotter peut provoquer plus que de désagréments propres à l'échauffement de vos fesses sur une selle...

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