Pourquoi je ne voterai pas pour les nouveaux statuts de la FFE

Monsieur le Président,

 

je viens de prendre connaissance des propositions de modification des statuts que vous soumettez aujourd’hui à notre vote.

 

Je m’attarderai sur les CRE/CRTE puisque je suis membre du comité directeur du CRTE Bretagne. Les mêmes remarques sont valables pour les CDTE

J’ai vu avec plaisir que vous souhaitiez élargir le comité directeur du CRE à 2 représentants professionnels du tourisme équestre (accompagnateur, guide, maitre randonneur ou baliseur) dans la catégorie spécifique. Ainsi 5 représentants du tourisme équestre devraient être membres de droit du comité directeur des CRE.

Cette réorganisation si l’on compte 10 postes spécifiques sur l’ensemble du Comité directeur permet une meilleure représentation du tourisme équestre au sein des CRE.

 

 

Je suis par contre étonnée par un point crucial : la présidence du CRTE et la composition du Comité de direction.

Actuellement le Président doit être détenteur d’une licence fléchée « tourisme » au titre d’un groupement affilié ou agréé et est élu parmi les 7 membres élus par l’Assemblée Générale du CRTE.

Vous souhaitez modifier ce point en obligeant le Président à faire parti obligatoirement des 5 membres du Comité directeur du CRTE élus par le CRE et à disposer d’une licence dirigeant.

L’ajout de la mention « licence dirigeant » restreint de manière très importante le nombre de candidats potentiels avec comme risque d’être représenté par une personne ne pouvant y consacrer un temps important.

De la même manière, l’assemblée générale du CRTE ne pourrait plus pourvoir que 4 postes dont 2 professionnels du tourisme équestre et 2 organisateurs de manifestation de tourisme équestre ayant conduit l’organisation d’au moins 5 manifestations au cours des 3 années précédentes .

 

Or nous avons besoin de membres du Comité directeur des CRTE CDTE actifs :

  • auprès des institutionnels d’abord. Leur action militante est primordiale pour permettre l’utilisation des chemins, voies vertes, halage, au sein d’espaces naturels protégés, pour mettre à disposition des cavaliers randonneurs des sites remarquables sur des itinéraires sécurisés. De plus leur présence aux nombreuses réunions organisées par les collectivités territoriales (communes, intercommunalités, département, région) permettent de faire prendre conscience à des personnes éloignées du cheval, d’une part de l’attrait du tourisme équestre, et d’autre part de l’utilisation du cheval comme moyen de locomotion douce.
  • pour coordonner des actions de développement et d’entretien d’itinéraire, c’est à dire entretenir et développer les « infrastructures du tourisme équestre » : maintien des circuits inscrits au PDIPR, campagnes de nettoyage des chemins, campagnes de balisage, négociation de nouveaux circuits, relations avec les hébergeurs, mise en place de convention de passage (notamment avec les agriculteurs) …
  • pour organiser et animer des manifestations phares comme en Bretagne les fêtes de l’Equibreizh ou spécifiques à chaque département
  • faire la promotion du tourisme équestre sur des salons …

 

Tout ceci demande beaucoup de temps, de sans cesse mobiliser et développer son réseau. Pensez-vous qu’un dirigeant d’un groupement équestre puisse consacrer le temps nécessaire à l’ensemble de ces actions ? La réponse malheureusement est négative. Le risque est majeur de voir les « infrastructures » du tourisme équestre se dégrader, et les partenariats mis en place depuis de nombreuses années pour offrir plus de 2000km de circuits Equibreizh (hors circuits départementaux, hébergeurs …) s’étioler.

 

Toutes ces conditions :

  • licence dirigeant
  • organisation d’au moins 5 manifestations pour les organisateurs de manifestation de tourisme équestre
  • professionnels

sont autant de freins à la constitution d’une équipe disponible. A l’heure où la Fédération française d’Equitation semble vouloir dynamiser le tourisme équestre en favorisant la formation notamment d’ATE, ces nouveaux statuts sont incompréhensibles. A quoi bon former de futurs professionnels s’il n’existe plus d’infrastructure de tourisme équestre permettant la pratique en extérieur. 

 

Pour quelles raisons ne laissez vous pas des cavaliers licenciés « tourisme » sans mandat de dirigeant développer le tourisme équestre sur leur région ou département ?

 

L’exemple breton a démontré la vitalité d’une telle organisation. La fédération met en place un SIG, la région Bretagne a développé un outil cartographique disponible gratuitement sur le site de l’Equibreizh, recensant itinéraires, hébergements, maréchaux ferrants … reconnu par de nombreux acteurs et animé, remis à jour en temps réel.

La Fédération édite un outil pour expliquer la création d’itinéraires touristiques … la région Bretagne fête cette année les 20 ans de son circuit Equibrezih, présenté comme un modèle en France et en Europe.

La liste est longue … et toutes ses réalisations ont été le fruit d’une collaboration de cavaliers  d’extérieur bénévoles, non dirigeants pour la plupart, qu’ils l’ont été pour beaucoup à un certain moment, mais qui dégagés de leur mandat ont le temps de se consacrer à 200% pour faire vivre réellement le tourisme équestre. Ces bénévoles ont un point commun : ils utilisent les infrastructures qu’ils développent et animent.

 

Nous gérons, avec mon conjoint, un centre de tourisme équestre qui organise uniquement des randonnées en itinérance (pas moins de 17 en 2017) et des animations liées à la randonnée. Sans le travail acharné, professionnel des bénévoles du CRTE et des CDTE nous n’aurions pu développer notre activité. Par conséquent nous ne voterons pas le changement de statut, car nous souhaitons garantir pour les cavaliers d’extérieur la liberté d’entreprendre et de développer des infrastructures adaptées à leur pratique.

 

Je vous prie de croire en l’assurance de mes meilleures salutations.

 

 

 

 

Commentaires (5)

Bougault
Bonjour,
Bravo pour l'engagement et le travail accompli! Merci à tous ceux qui entretiennent et balisent les chemins. Il y aurait peut-être des articulations à inventer entre les cavaliers solitaires et les structures, notamment pour la diffusion "nomade" des compétences équestres, et une meilleure visibilité à donner pour que nous, les électrons libres, puissions participer aux missions bénévoles...
Amitiés
LB
Leclercq
  • 2. Leclercq | 21/03/2017
Bonjour Madame
Trésorier du CDTE Oise, référent de la Route d'Artagnan pour ce département je viens d'écrire un texte quasi équivalent adressé au CRTE.
Les missions des CRTE/CDTE sont bien décrites dans le projet de statut mais l'écart entre les objectifs et le profil des futurs dirigeants est totalement abberrant.
La FFE se replie alors qu'il faut trouver des volontaires aux multiples facettes avec une réelle capacité d'investissement.
Un professionnel ne peut le faire, et nous l'avons vécu au sein du CRTE.
Créer un itinéraire nécessite, outre les compétences techniques et outils que vous avez mis en place, une réelle capacité de négociation et de dialogue avec les institutionnels et les élus locaux. Beaucoup de temps et d'énergie.
Les rédacteurs des statuts ont répondu à un souhait de contrôle par l'institution mais sont aux antipodes de la réalité.
Avec de tels statuts bien des CDTE vont disparaitre inéluctablement, serait-ce leur volonté?
Félicitations pour votre message que je relaie
CRENN
  • 3. CRENN | 21/03/2017
bonjour
cavalier, membre de l'ACECA, je suis aussi depuis l'an passé BALISEUR FFE, mais c'est une action que je faisais depuis de longues années, formé sur le terrain par de vieux routard
balisé, entretenir, utilisé nos itinéraires BRETON est un plaisir
je suis don licencié flèché tourisme équestre, mais je n'attends rien de la FFE qui a 30 ans de retard, notre balisage breton à fait ses oeuvres et il vit avec des des améliorations venant du terrain
je vous soutien
Pat
  • 4. Pat | 23/03/2017
Bravo à vous ! Je suis cavalier-randonneuse depuis de nombreuses années (je suis venue randonner en Bretagne également), licenciée fléchée tourisme équestre et également baliseur FFE (unique) de ma région. Je n'attends rien de la FFE non plus qui fait semblant d'avancer en prenant bien soin de tout cadenasser au fur et à mesure. Je fais également partie du "bureau élargi" du CDTE de mon département ou rien ne se passe car les professionnels le composant n'ont pas de temps à y consacrer. Et visiblement, ce n'est pas près de changer !
Pat
  • 5. Pat | 23/03/2017
Bravo à vous ! Je suis cavalier-randonneuse depuis de nombreuses années (je suis venue randonner en Bretagne également), licenciée fléchée tourisme équestre et également baliseur FFE (unique) de ma région. Je n'attends rien non plus de la FFE qui fait semblant d'avancer en prenant bien soin de tout cadenasser au fur et à mesure. Je fais également partie du "bureau élargi" du CDTE de mon département ou rien ne se passe car les professionnels le composant n'ont pas de temps à y consacrer. Et visiblement, ce n'est pas près de changer !

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